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Vous avez aimé les IDEX, vous aimerez les IDEFI ou la révolution des formations au service des entreprises!

Idefi : un « succès de la CPU » ou la révolution des formations universitaires au service des entreprises (Newsletter n°33, 5 novembre 2011)

Les formations universitaires avaient en partie échappé aux restructurations massives de l’ESR induites par la politique d’excellence et la kyrielle des « EX » qui ont surtout affecté le volet recherche des missions des universités. Même s’il était évident qu’étaient fragilisés les liens construits entre formation et recherche, même si la recherche universitaire était indexée à la seule politique d’excellence, même si certaines formations universitaires de licence semblaient devoir être reléguées dans des PUP (pôles universitaires de proximité) qui n’auraient plus d’université que le nom, même si, enfin, se faisaient sentir les effets, sur les formations et les disciplines, de la mastérisation, l’équilibre et la nature des formations n’étaient pas au centre des projets ministériels. Ce n’est plus le cas depuis le récent arrêté sur la licence (01 août 2011) et ça l’est encore moins avec le dernier appel à projet sur les « Investissements d’avenir ».

Cet appel à projets, dévoilé par Laurent Wauquiez le 25 octobre dernier et dont une version a commencé à fuiter le 31 octobre, avant même sa mise en ligne sur le site de l’ANR, est intitulé Idefi, « Initiative d’excellence en formations innovantes ». Il s’attaque à la pédagogie et aux contenus des enseignements pour imposer l’ « excellence » et la concurrence dans le dernier espace qui pouvait encore, pour partie, lui échapper : l’offre de formation des universités.

Faiblement doté – 150 millions pour vingt projets – Idefi est essentiellement conçu pour des porteurs qui ont déjà des projets dans leurs cartons puisque la date de clôture de l’appel d’offre est, de façon aussi risible que scandaleuse, fixée au 19 décembre 2011. De tels délais impliquent une fois de plus que les projets seront conçus et portés par des équipes très resserrées (« groupe de pilotage » sans légitimité démocratique), sous la direction du président ou du directeur de l’établissement coordonnateur, bref une « gouvernance renforcée » qui prendra des initiatives engageant pourtant des restructurations majeures de leurs institutions, sans la moindre délibération sérieuse des instances représentatives, tels les conseils centraux. L’objectif de ce dispositif est de créer un puissant effet de levier sur les formations universitaires, en particulier sur le secteur des SHS, mais aussi plus généralement et de manière cohérente avec les dispositions relatives à la nouvelle licence, sur les relations entreprises/universités et les liens entre formation initiale et formation continue que le ministère souhaite renforcer, ainsi que sur la « gestion des ressources humaines » au sein des établissements.

Qu’est-ce donc que cet appel à projets Idefi, dévoilé au cours de la réunion d’information très soignée du 25 octobre dernier, en présence de René Ricol, le Commissaire général à l’investissement ? C’est tout d’abord, selon la présentation qu’en fait le ministère, le résultat d’un souhait de Nicolas Sarkozy : « soutenir des projets emblématiques et innovants en matière de formation ». C’est ensuite le complément qu’il convenait d’apporter à « la dynamique des investissements d’avenir pour l’enseignement supérieur ». Mais c’est enfin et surtout le fruit des œuvres de la CPU et de son président, Louis Vogel. René Ricol confiera en effet avoir été « convaincu par Louis Vogel et Valérie Pécresse de l’intérêt des formations innovantes ». Ce « succès de la CPU » (sic) est d’ailleurs très bien mis en scène par la Conférence elle-même dans sa lettre du 27 octobre : comme la couverture du Glissement vieillesse technicité (GVT), Idefi ferait partie des « demandes que la CPU a soutenues dans la durée et qui ont abouti grâce à un portage politique fort du Bureau ». Et la CPU d’en faire une victoire sur le gouvernement en assurant que « d’autres modes de pilotage du système d’enseignement supérieur et de recherche sont possibles ».

Les Idefi seraient-elles donc une martingale pour contrer la désertification du territoire universitaire organisé désormais autour des futurs dix pôles universitaires bénéficiaires des Idex ? Un deuxième tirage à la loterie du Grand Emprunt spécialement destiné aux PUP ? Permettraient-elles à l’université de marcher sur ses deux jambes : recherche et formation ? SLU n’est convaincu ni de l’existence de ce nouveau pilotage – c’est un pilotage commun –, ni des bienfaits des Idefi pour les formations universitaires : elles en sont un outil de restructuration qui ne garantit nullement une meilleure articulation entre recherche et formation, que la politique d’ « excellence » à travers Idex et Labex tend à disjoindre.

Car le « bébé » de Louis Vogel et Valérie Pécresse, mis au monde grâce aux mains expertes d’un « chef d’entreprise » (René Ricol, tel qu’il se définit dans son discours) est un Golem, certainement promis à de grandes œuvres.

Pour lire la suite : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5101.

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